mercredi 30 avril 2014

Premier mai 2014 - Ensemble pour notre futur : avec les travailleurs, sans l’Union Européenne !

Après la votation du 9 février sur l’initiative contre l’immigration de masse, de nouveaux accords avec nos voisins sont devenus plus que nécessaires. Malgré le vote populaire, les contingents, pour les communistes, restent une fausse solution et nous continuerons à les combattre. Nous sommes pour une véritable libre circulation des personnes et contre toute discrimination raciale. Nous nous opposons donc également au modèle de l’Union Européenne (UE) qui exclut les migrants extra-européens. Le Parti Suisse du Travail s’oppose fermement à tous les actuels accords bilatéraux et soutient les intérêts des travailleurs à en stipuler de nouveaux.
Il faut replacer la Suisse dans le contexte international. L’expansionnisme de l’UE trouble même la paix, vu le risque qu’un conflit soit amorcé en Ukraine. Comme si ce n’était pas suffisant, le nouveau gouvernement, soutenu par l’UE, vient d’interdire la fête du premier mai ! Les communistes ne veulent rien savoir de cette Union Européenne ! Derrière une façade de bonnes intentions, de garanties de paix sur le vieux continent, l’UE correspond à la nécessité, de la part des grands capitalistes, de créer les États-Unis d’Europe, imposant le libéralisme américain comme base politique et économique pour la nouvelle entité.
Depuis que la « menace » soviétique n’existe plus, la majorité des Constitutions européennes, nées des résistances anti-fascistes du 20e siècle, remplies de droits qui sont les fruits du sang versé par les partisans et par tous les travailleurs, deviennent dérangeantes pour la bourgeoisie européenne, qui les attaque durement. La stratégie de l’Empire est d’affaiblir les États et leurs systèmes politiques, favorisant la construction d’une Europe des régions gouvernée de manière centralisée à Bruxelles.
Ce processus de substitution, voulu par l’UE pour se débarrasser définitivement des États nationaux, met en danger beaucoup de conquêtes du mouvement ouvrier. S’imaginer que ce processus, qui ne se justifie que par l’intérêt du capital, puisse se faire de manière pacifique serait une grave erreur. En réalité, malgré les mensonges sur la défense de la paix sur lesquels se fonde l’UE, la croissance des partis d’extrême-droite néofascistes et néonazis démontre le risque de voir des forces sanguinaires prêtes à réprimer toute lutte populaire revenir au pouvoir. Les forces d’extrême-droite fomentent le racisme et l’islamophobie entre les travailleurs dans le but de diviser les pays membres ou observateurs de l’UE.
En Occident, ce sont les travailleurs et les travailleuses qui sont en train de payer la crise du capitalisme. Les politiques d’austérité se succèdent dans tous les pays d’Europe, coupant dans les retraites, les salaires, dans l’éducation, la santé et la culture ; augmentant les prix et les taxes à la consommation ce qui créé des différences majeures entre les citoyens ; privatisant ce qu’il reste des services publics et des entreprises d’État. Bien entendu, l’Europe n’est pas encore l’Amérique et croire que les États nationaux se laisseront mourir en faveur de l’UE est une autre grave erreur.
L’UE est en crise, que se soit sur le plan économique ou politique, alors que la bourgeoisie suisse, avec le secret bancaire, et avec plus de vigueur dans les moments de crise, renforce sa propre domination dans le secteur financier, en particulier dans le secteur de la gestion des patrimoines. La Suisse, malgré les affirmations propagandistes, reste un des paradis fiscaux les plus indispensable du monde pour n’importe quel milliardaire, que se soit en terme d’ampleur (environ 30% du marché) ou de positionnement dans le circuit monétaire.
Le travailleurs et les travailleuses, au contraire, même en Suisse, vivent dans les mêmes conditions d’oppression que dans n’importe quel pays capitaliste, pendant que la bourgeoisie s’engraisse comme aucune au monde. Les employeurs tiennent le couteau par le manche et peuvent décider de comment ils veulent licencier et embaucher des travailleurs, peuvent décider comment, où et quand ils veulent ouvrir leur entreprise et aussi, surtout, la fermer, et ils peuvent en outre imposer les conditions de travail qu’ils désirent, avec les facilitations qu’offrent la loi sur le travail et le Code des Obligations.
Depuis des années, le patronat a commencé une attaque qui prend toujours plus de vigueur. Beaucoup de Conventions Collectives de Travail sont affaiblies, le travail intérimaire a été inventé et a explosé, de même que le démantèlement des assurances sociales : AVS, AI, LPP, le vol des caisses maladie, qui gonflent, en accord avec le lobby pharmaceutique, les coûts de la santé pour remplir les poches de leurs actionnaires, l’introduction de la mentalité libérale dans le secteur public, etc.
La conséquence est que la grande crise capitaliste s’approche aussi de la Suisse, les classes populaires ont toujours moins à dépenser et plus de dettes auprès des banques ou de créanciers encore pires. Si les travailleurs veulent être prêts quand la Suisse sera durement touchée, il faut commencer à s’organiser pour défendre et conquérir de nouveaux droits avec l’engagement dans les luttes syndicales. Il est urgent de commencer une lutte généralisée pour la promotion des intérêts et des droits des travailleurs et des travailleuses.
Nos priorités syndicales sont de lutter contre la vie chère et les bas salaire, le chômage, la précarité et la division des travailleurs. Pour demain, nous soutenons l’initiative de l’Union Syndicale Suisse pour un salaire minimum de 4’000 francs mensuels pour tous, en votation populaire le 18 mai.
Dans le futur, nous lutterons pour un nouveau code du travail qui en redéfinisse le sens profond. Le travail n’est pas un contrat entre individus, mais la plus noble des activité humaines, indispensable à la vie en société. Donc, ça suffit ! Il est inacceptable de traiter ceux qui travaillent comme des numéros et des marchandises. Le Parti Suisse du Travail veut un système où le travail soit digne, où il y ait de la liberté d’expression, le droit de participer et de partager la production, sans patrons sur le dos des travailleurs, préoccupés uniquement par leurs profits. Nous voulons un système pour produire ensemble ce dont nous avons besoin et planifier selon les besoins de tous la manière d’améliorer notre économie.
Des forces du gouvernement, nous n’attendons rien. Toutes, de l’UDC au PS, en passant par le PDC et le PLR, sont prêtes à vendre le pays à l’UE dès qu’elles auront un bon intérêt personnel pour leur riche famille. Nous voulons prendre en main notre futur et renforcer la démocratie dans notre pays. Un changement de politique est plus que jamais nécessaire pour promouvoir un vraie révolution dans la manière d’organiser le travail et d’en distribuer les fruits à la société. Unissons les forces progressistes dans un front populaire, organisé sur les lieux de travail, dans les école, dans les quartiers et dans les campagnes, réellement représentatif des forces sociales de notre pays. Ceci est l’unique moyen de commencer le chemin vers la construction de la nouvelle société, le socialisme.

mercredi 16 avril 2014

Après le 9 février la politique étrangère de la Suisse doit s'adapter.

Les communistes s'engagent pour des nouveaux accords avec les pays d'Europe, mais aux conditions des travailleurs.
En Suisse les enjeux de politique européenne sont certainement parmi les plus débattus, ils échauffent les esprits des citoyens et des citoyennes. Les dirigeants politiques ont la terreur de devoir les défendre devant le peuple, surtout depuis qu'en 1992 on a voté « non » à l'espace économique européen. Les relations entre Suisse et UE se sont donc développées, à partir de 1999, avec des traités bilatéraux qui ne font qu'appliquer le droit communautaire en Suisse. En votation populaire les traités bilateraux ont toujours été acceptés, défendus par la majorité des forces politiques. y comprit les « communistes », sauf l'Union Democratique du Centre et la Lega dei Ticinesi. Du centre-droite à l'extrême gauche on argumentais que c'est la seule voie possible pour la Suisse, vu que le peuple est contre l'intégration dans l'UE. Depuis 2008, par contre, le Parti Suisse du Travail a affirmé que ces accords ont démontré leur inefficacité et leur caractère de classe en faveur du patronat, et il a donc appelé le peuple à les refuser en votation populaire.
Le 28 août dernier une nouvelle page de la politique européenne de la Suisse commence, le Conseil fédéral mettait en consultation l'extension de l'accord sur la libre circulation des personnes Suisse-Union européenne à la Croatie, nouveau pays membre de l'UE. Ce renouvellement mettait en discussion les accords et les forces syndicales avec le Parti Socialiste préparaient une offensive pour obtenir quelques « mesures d'accompagnement », des miettes pour tranquilliser les travailleurs sur le bienfait des bilatéraux. Quelques mois plus tard, le 9 février 2014, toute cette stratégie est annihilée en un seul coup. Ce dimanche le peuple Suisse approuve l'initiative “contre l'immigration de masse” lancée par l'extrême-droite, qui a comme conséquence « collatérale » la remise en question des accords bilatéraux.
Nous nous sommes battus contre l'initiative de l'UDC, car celle-ci introduit le contingentement des immigrés dans la Constitution fédérale, quelle que soit la raison qui les pousse à quitter leur pays. Ainsi, un nombre maximum d'immigrés par pays sera fixé. De plus, elle va plus loin que les initiatives racistes des années 1970 en introduisant le principe de “préférence nationale”, c'est-à-dire la priorité à l'emploi pour les Suisses, et elle pénalise tous les immigrés quant au droit à la sécurité sociale.
L'UDC a réussi son coup et devient de ce fait le premier acteur des nouvelles négociations avec l'UE. Le mouvement ouvrier se retrouve quant à lui les mains vides, avec plus de divisions à l'intérieur, alors que ce sont bien les travailleurs qui subissent le plus durement les effets négatifs des accords avec la puissance impérialiste en expansion.
Avec la proposition du contingentement des immigrés, l'extrême-droite se pose en défenseur de la petite et moyenne bourgeoisie. Avec cette stratégie, le parti des milliardaires Blocher et Frey, qui ont des business relativement indépendants des accords avec l'UE, vise à délégitimer le pouvoir des libéraux et des démocrates-chrétiens européistes pour instaurer un régime d'apartheid. L'initiative, que le peuple a approuvé, cré l'idée illusoire chez les travailleurs et les chômeurs que le problème du travail précaire et des bas salaires se résout avec l'exclusion des étrangers. Les communistes, au contraire, s'opposent aux contingents, sont favorables à une vraie libre circulation des personnes et donc contre tous les accords bilatéraux.
Les bilatérales sont composées de deux paquets d'accords plus encore d'autres accordsséparés, ils comprennent la libre circulation des personnes, des marchandises et des capitaux à l'intérieur de l'UE, les accords de Schengen et de Dublin qui concernent les migrants extra-UE, les accords sur l'agriculture (notamment avec le principe du Cassis de Dijon), les accords pour instituer une police européenne et une armée européenne, les accords sur la recherche et le processus de Bologne, les accords sur le trafic (qui permettent le passage de camions de 40 tonnes par le Gottard), etc. Mais de tous ces accords, un seul oblige le Conseil fédéral à consulter les forces politiques et sociales et donner au Parlement et au peuple la possibilité de s'exprimer : l'accord sur la libre circulation des personnes.
C'est d'ailleurs celui-ci qui est le plus souvent remis en question. Pendant des décennies, la Suisse a utilisé la politique migratoire pour réguler le marché du travail et, en particulier, pour limiter le chômage. Les instruments à sa disposition était le statut saisonnier et le contingentement, agrémentés des visites médicales à la frontière et une grande difficulté pour le regroupement familial. Les emplyeurs avaient le droit d'aller chercher les travailleurs que plus leurs plesaient jusqu'à la porte de chez eux, dans le pays d'origine. Ce système, au contraire de ce que pretend l'extrême-droite, n'aide pas à créer de places de travail sûres garantissant la dignité, mais cette libre circulaition n'est pas mieux.
En 2002, avec l'entrée en vigueur de la libre circulation, la Suisse est passée du protectionnisme migratoire à la précarité des permis de séjour. Ce changement total de politique migratoire a généré une concurrence impitoyable entre les travailleurs à l'échelle européenne. Par conséquent, les salaires suisses, habituellement plus élevés que ceux de l'UE, se sont mis à baisser fortement, comme prévu par Economie Suisse et le Conseil fédéral, qui ont voulu, négocié et conclu ces accords avec Bruxelles.
Il y a aujourd'hui des travailleurs, et pas seulement des clandestins au noir, qui reçoivent un salaire inférieur à dix francs de l'heure. D'ailleurs, en Suisse, même avec 20 francs de l'heure, on a de la peine à payer toutes ses factures. Mais dans les régions frontalières, c'est différent pour les patrons. En effet, quand une grande entreprise peut recruter des travailleur à n'importe quel prix, qui vivent à une heure de là dans un pays voisin en proie à une forte crise et où, malgré tout, le coût de la vie est moins élevé, il est possible de réduire d'un tiers le salaire par rapport au minimum nécessarie pour survivre. Dans des multinationales, comme le centre de distribution mondiale de Gucci, qui vient d'ouvrir à Sant'Antoninio (Tessin), des ouvriers ont été engagés à 1'700 Francs par mois ! Il faut aussi rappeler que les fameuses montres Swatch « Made in Switzerland » sont en partie produites par plus de mille ouvrières engagées au Tessin à moins de 2'800 francs bruts par mois. A titre de comparaison, le syndicat social-démocrate Unia mène une lutte pour un salaire minimum à 4'000 francs, et le salaire médian dans le canton du Tessin est de 5'121.- Francs. Ce phénomène, appelé « dumping salarial », a poussé le peuple tessinois à approuver à presque 70% l'initiative de l'UDC. Dans le canton du Tessin et ailleurs, il est faux de considérer que tous les gens l'ont approuvé sur la base d'arguments racistes. En effet, la libre circulation a eu un effet négatif sur les conditions de vie et de travail en Suisse, et les travailleurs le savent mieux que quiconque !
Avec la libre circulation, le permis de séjour G (frontalier) n'est plus limité aux résidents des régions proches de la frontière suisse, mais est étendu à tous les pays de l'UE. Celui qui obtient un permis G peut rester en Suisse six jours, puis il doit sortir du pays au moins un jour. A cela, s'ajoute le permis L, de durée déterminée entre un minimum de 3 mois et un maximum d'un an, qui peut être donné à tous les travailleurs de l'UE. Pour les travailleurs qui, par contre, travaillent en Suisse moins de trois mois par année, une simple notification via internet est nécessaire. A travers celle-ci, le travailleur détaché d'une entreprise étrangère ou l'artisan indépendant qui arrive de l'UE certifie de bonne foi ses propres conditions de travail en Suisse, sans qu'il n'y ait de véritables possibilités de vérification,
surtout une fois que la personne en question est rentrée dans son pays d'origine.
Les principales conséquences de la libre circulation des personnes dans notre pays peuvent être distinguées en fonction des effets sur les travailleurs résidents et frontaliers, comme des principaux secteurs de l'économie:
En ayant la possibilité d'engager des travailleurs à des salaires qui descendent jusqu'à un quart des habitudes helvétiques, les entrepreneurs imposent le “dumping salarial”. Cette logique pousse aux rabais les salaires, en effet même si dans les branches où il y a des CCT les salaires augmentent làégèrement, le constant rechange de maindoeuvre annulle les compensations du coût de la vie, les CFC ne sont pas reconnus et les salaires baissent – par exemple, sur les chantiers, selon les statistiques de la Commission Paritaire Cantonale du Bâtiment, le nombre de manoeuvres (salaire minimum 25.35Fr/heure) est doublé, alors que le nombre de maçons non qualifiés (salaire minimum 28.20 Fr/heure) c'est divisé par deux. Il s'agit d'un vol de salaire généralisé, dont les travailleurs, principalement ceux qui habitent en Suisse, font les frais, car ils sont confrontés à un coût de la vie en augmentation constante (quoiqu'en dise le gouvernement), à la montée du chômage et aux coupes dans les services sociaux.
Les frontaliers, qui sont eux aussi insérés dans la logique de la concurrence au rabais, la situation des côtisations est fortment impirée. En effet, ils paient toujours les côtisations et les impôt dans le pays où ils travaillent, mais dont ils bénéficient dans le pays de résidence. La conséquent a été que les frontaliers de l'Italie, par exemple, payent la LACI à l'1,1 % comme tout le monde en Suisse, mais ils reçoivent une rente cĥômage de 800 Euro par mois seulement, pour une periode de seul 8 mois. De telles mesures rendent le travailleur encore plus précaire et donc peureux.
Dans le bâtiment, la politique d'entreprise de la sous-traitance en chaîne, ou le racket, a pu se développer et se renforcer grâce à l'exploitation d'ouvriers mal informés et menacés, originaires de tous les pays de l'UE. Ayant accumulé l'expérience nécessaire suite aux dénonciations faites par les syndicats Unia et OCST, les entrepreneurs suisses et étrangers, en passant par des « placeurs », deviennent rusés pour enfreindre les droits. Souvent, ce sont les entreprises les plus importantes qui paient des salaires misérables, en contournant les CCT.
Dans le tertiaire, les magasins, la restauration, les bureaux, il y a un dumping très fort, car des travailleurs frontaliers bien formés acceptent des conditions correspondant à un tiers des habitudes suisses. L'absence d'une Cct de secteur est un facteur qui facilite le dumping et la concurrence entre travailleurs, mais ce n'est pas non plus une garantie de sécurité.
Dans l'industrie, la libre circulation est utilisée pour favoriser l'arrivée d'entreprises à valeur ajoutée très basse, qui occupent un territoire d'une grande valeur uniquement pour bénéficier de cadeaux fiscaux et pour blanchir de l'argent, alors que pour les quelques travailleurs engagés, les salaires dans ces usines sont souvent plus similaire à ceux de pays émergents qu'à ceux de notre pays.
Dans l'agriculture la libéralisation du marché et des standard de production à soutenu le développement de mega-entreprises agricoles sur le plateau , qui exploitent durement des immigrés originaires des pays les plus pauvres de l'UE. En autre le Cassis de Dijon a permis l'importation de produits de mauvaise qualité à
très bas prix, en appauvrissant les petits paysans. Chaque jour en Suisse trois fermes ferment en laissant aussi du terrain agricole en proie aux loups de l'immobilier.
La bourgeoisie au gouvernement, toujours prête à s'attaquer aux frontaliers et aux étrangers, provoquant la guerre entre les pauvres, tire d'énormes bénéfices du système des permis précaires. Aujourd'hui, le travailleur frontalier de l'UE est utile aux entrepreneurs pour abaisser les salaires, mais également à l'État pour réduire les coûts sociaux, de formation, de santé, etc, dont les frontaliers ne bénéficient pas en Suisse, bien qu'ils paient les impôts à la source. La raison pour laquelle les forces bourgeoises du centre-droit et Economie Suisse sont de fervents défenseurs de la libre circulation est maintenant évidente. Néanmoins, ce cyclone économique est en train de mettre en difficulté de nombreuses petites et moyennes entreprises suisses, moins concurrentielles que celles de l'UE, poussant une partie de la droite vers des positions anti-européennes.
Comme nous l'avons dit plus haut, l'accord de libre circulation a une spécificité importante : chaque pays qui y l'a souscrit doit approuver son extension à d'éventuels nouveaux pays membres de l'UE. La Suisse était donc appelée à approuver la libre circulation avec la Croatie, en suivant son propre processus législatif. Cela même à la suite de l'approbation de l'initiative de l'UDC, qui n'a d’ailleurs aucunement résolu les problèmes des travailleurs. C'était l'UE elle-même qui demandait tout de suite après le vote, que la Suisse approuve l’extension à la Croatie, comme condition pour la poursuite des relations bilatérales. C'est le même type de chantage pour le peuple suisse dans le scénario Irlande, où le peuple qui s'est opposé à deux reprises aux traités de l'UE, il a dû, au deuxième vote se rendre à un « oui ».
Finalement, le Conseil Fédéral, à la suite du vote du 9 février, a décidé de refuser de signer l’extension de l'accord et donc le peuple ne pourra pas s'exprimer une autre fois. Encore il y a quelque jour, avant le vote sur l'initiative UDC, entre syndicalistes de gauche et communistes on pensait comment organiser le référendum contre le renouvellement des bilatéraux.
Il y avait, en effet, des raisons plus que légitimes pour lancer le référendum sur l'élargissement, sans pour autant soutenir les initiatives de l'extrême-droite qui représentent un retour à un système réactionnaire. A cause de la clause insérée dans le premier paquet d'accords, soutenue par les défenseurs à tout prix de ces accords bilatéraux, nous nous trouvons dans la situation où: «sans libre circulation des personnes, les accords bilatéraux sont résiliés » (Isabelle Moret, Conseillère nationale et vice-présidente du Parti Liberal Radical Suisse). PLR, PDC et Economie Suisse utilisent cet argument, convaincus que la peur de la suppression de tous les accords fasse renoncer toute la gauche et les syndicats à s'opposer à ces accords bilatéraux.
D'ailleurs, si la social-démocratie reconnaît, partiellement, que la libre circulation a renforcé la précarité et fait augmenter chez les travailleurs la peur de perdre leur place de travail, elle considère que les accords bilatéraux sont globalement positifs. Elle ne manque pas de faire les louanges des systèmes de erasmus et des financements intéressés de l'UE aux universités suisses.
De ce fait, la social-démocratie ne souhaite pas les mettre en danger dans leur ensemble. Mais dans les faits, tous les accords ont visé à libéraliser l'économie, à privatiser le service public, à standardiser vers le bas les droits, l'État social, la qualité des produits, la qualité des études et à augmenter le contrôle policier et le fichage de la population. Les migrants en provenance des pays « extra-communautaires » sont traités comme des êtres humains de deuxième catégorie, avec des procédures d'admission ou d'expulsion extrêmement longues, qui se déroulent alors qu'ils se trouvent dans de véritables centres de détention.
Le territoire a lourdement subi l'augmentation du trafic dû à l'introduction des camions de 40 tonnes et par conséquent aussi la pollution a lourdement augmenté. Additionné aux déplacements qu'exigent un monde du travail toujours plus frénétique, ceci fait perdre des millions d'heures de travail et de vie dans les bouchons et représente un véritable cancer pour la nature des Alpes. Avec les accords sur la recherche, on a enfermé la science dans les paramètres et les directives de Bruxelles, qui vise à développer un savoir « à vendre » et non pas un savoir pour connaître.
Les représentants du grand capital, à partir des critiques avancées par la social-démocratie et les syndicats de l'USS, laissent entendre que seul l'accord de libre circulation serait partiellement problématique, limitant ainsi le débat politique autour de réformes de détail qui n'auront aucun effet concret. La stratégie consistant à demander des mesures d'accompagnement plus efficaces a déjà montré son inefficacité par le passé. Si le résultat de ces mesures est un Contrat Normal de Travail dans quelque branche avec un salaire minimum de 3000.- fr c'est claire que l'USS et le PS ne sont plus du tout crédibles. Leur incapacité à voir que ces accords devraient être complètement revus a amené beaucoup de travailleurs à s'orienter vers la seule sphère politique qui a combattu ces accords bilatéraux : l'extrême-droite.
Plus que jamais, il faut, à gauche, être clair : nous nous opposons à ce type de voie bilatérale, peu importe quels pays sont membres de l'UE. Le problème n'est pas seulement la libre circulation des personnes. Les bilatérales ne marchent pas, à cause de leur contenu. Mais elles sont trompeuses déjà dans leur propre structure juridique. En effet, au sujet des conflits sur l'application, il est prévu que même en Suisse, la jurisprudence de la Cour de Justice européenne soit respectée. Ceci signifie, parmi les différents effets, que les législateurs de notre pays doivent prendre en considération la jurisprudence européenne pour décider des modifications de lois, faisant fi de la souveraineté du peuple suisse et du caractère « bi-latéral » des accords.
Face à 10 ans d'échec, la gauche et le mouvement ouvrier doivent affirmer clairement que la libre circulation, comme tous les accords bilatéraux, n'ont fait qu'aider le patronat, alors que les travailleurs, dans toute l'Europe et pas seulement en Suisse, ont subi de lourdes attaques. Au lieu de gagner du terrain, la gauche n'a fait que perdre sur tous les fronts, notamment en s'obstinant dans une ligne favorable à l'intégration européenne. Pour gagner du terrain, il faut démontrer une capacité d'auto-critique et admettre qu'en Europe il faut lutter pour le socialisme dans chaque pays, contre l'UE qui vise à détruire toutes les conquêtes sociales et les droits des travailleurs obtenus pendant le 20e siècle des résistances nationales contre le nazi-fascisme.
Nous ne sommes pas en dehors du monde. Des accords avec nos voisins, dans des termes qui sont techniquement possibles, sont nécessaires. Mais il faut en finir avec la reprise automatique du droit de l'Union européenne ! Nous soutenons qu'il faut développer un nouveau concept de relations internationales pour la Suisse, fondé sur le principe de solidarité entre les peuples et pour la sauvegarde de la nature.
Il faut lancer une plate-forme pour le renforcement de la Suisse face à l'UE, afin de s'engager dans le débat pour de nouveaux accords, laissant derrière le dumping salarial, la discrimination des migrants, la crise agricole, la dérive sécuritaire et le trafic lourd, sacrifiant le secret des banquiers plutôt que les vies des travailleurs.

dimanche 6 avril 2014

Le 18 mai, vote OUI au salaire minimum de 4'000 francs!

  • Pour les 300'000 travailleurs et travailleuses pauvres qui gagnent moins de 4'000 et qui n'arrivent par conséquent pas à vivre.
  • Pour les femmes qui se retrouvent toujours plus souvent seules avec des enfants et n'arrivent pas à subvenir aux besoins de leur famille.
  • Pour les ouvriers de l'industrie et du commerce, où les salaires sont souvent inférieurs à 4'000.- francs alors que leurs employeurs sont richissimes.
  • Pour les régions frontalières comme le Tessin, où les pays voisins voisins en proie à une forte crise incitent les chômeurs à chercher du travail en Suisse à n'importe quel prix.
Donnons un peu d'air aux travailleuses et aux travailleurs en soutenant l'introduction immédiate d'un salaire minimum de 4'000 francs, comme le demande l'initiative de l'Union Syndicale Suisse (USS). Pour faire face à la crise et soutenir les classes populaires, enfin! En 2009, l'USS a décidé, poussée par les forces de la gauche radicale, parmi lesquelles le Parti Suisse du Travail, de lancer une initiative populaire pour un salaire minimum légal, pour toutes et tous. La proposition qui sera votée le 18 mai est la suivante: 4'000 francs mensuels pour 42 heures hebdomadaires.
L'USS a présenté une proposition convaincante. En effet, le but est de résoudre le problème des bas salaires en introduisant dans la loi un principe qui unit tous les travailleurs et toutes les travailleuses, freinant ainsi la guerre entre les pauvres soutenues par l'extrême-droite.
La bourgeoisie, avec sa propagande alarmiste, prédit la fin du monde au cas où la proposition devait passer, brandissant une augmentation du chômage qui sonne comme une moquerie vu les taux actuels qui vont bien au-delà des statistiques truquées de l'OFS. Le problème du chômage se résous en favorisant la création de places de travail, où la dignité humaine des travailleurs est reconnue. La garantie d'un salaire qui permet de vivre dignement est un des postulats fondamentaux de chaque société civilisée.
Rappelons-nous qu'en Suisse, pas tout le monde profite de l'immense richesse de l'empire financier helvétique. Les travailleuses et les travailleurs qui peinent à arriver à la fin du mois sont toujours plus nombreux, et la misère n'a pas de passeport. L'initiative pourrait tracasser quelques petits commerçants ou restaurateurs, mais avec l'augmentation généralisée des salaires, la croissance sera telle que les difficultés seront compensées.
La victoire de cette initiative serait d'obliger de nombreux monopoles et multinationales à payer un salaire avec lequel il serait possible d'essayer de survivre en Suisse. Stop aux salaires de misère, entre autres chez Migros, Coop, Manor, Fox Town, Mac Donald, Swatch, Riri, Consitex, Gucci, Diamond, Schindler, Payot, etc.

dimanche 26 janvier 2014

La libre circulation avec l'UE ne va pas, mais l'UDC veut encore pire.

L'initiative populaire “Contre l'immigration massive”, en défendant le retour aux contingents, propose un système d'immigration de style apartheid. Les contingents de travailleurs étrangers admissibles en Suisse seraient établis sur des fondements racistes et arrangeraient les entrepreneurs. Ce n'est pas en divisant les êtres humains en différentes catégories, bénéficiant de plus ou moins de droits, qu'on sortira de l'exploitation.
Nous luttons pour une véritable libre circulation, où les étudiants, les artistes ou les touristes du monde entier pourraient séjourner en Suisse librement, où les travailleurs migrants, comme les résidents, auraient le droit de s'établir et de travailler de manière sûre, avec leur famille, et où les réfugiés politiques qui luttent pour la liberté, la paix ou le socialisme seraient accueillis à bras ouverts.
Malheureusement, la propagande de la droite centriste et des lobbys patronaux contre l'initiative raciste de l'UDC a seulement créé de la confusion, en dénonçant le “risque” de faire tomber tous les accords bilatéraux avec l'UE, quel pêché! Ca a été le meilleur des arguments en sa faveur.
Les accords bilatéraux sont: la libre circulation des personnes, des marchandises et des capitaux, Schengen, Dublin, le Cassis de Dijon, les passeports biométriques, le processus de Bologne, les camions de 40 tonnes, etc. Ils sont liés à la fameuse clause guillotine qui, en cas de rejet de l'un, les feraient tous sauter!
Actuellement, avec les règles imposées par l'UE dans les accords bilatéraux, la Suisse cède sa souveraineté nationale à la Cour de Justice européenne, en se soumettant à sa jurisprudence. Chaque citoyen démocratique a donc le devoir de les combattre.
Malheureusement, seule la libre circulation des personnes, dans le cas d'extension des accords à d'autres pays, doit être validée par le Parlement fédéral, décision contre laquelle il est heureusement possible de lancer un référendum. L'accord de libre circulation, d'après Bruxelles, fonctionne « ou tout ou rien », de manière que si la Suisse refusait la libre circulation à un pays, tous les accords seraient dissous. La “libre circulation” est donc le coeur des relations avec l'UE.
La libre circulation n'est pas du tout appréciée par les travailleurs. L'abandon des contingents a eu un impact énorme sur le chômage, en conséquence de quoi la concurrence entre les travailleurs s'est renforcée sur les lieux de travail. Par la suite, à cause de l'inexorable crise du système capitaliste, beaucoup de chômeurs de toute l'UE sont arrivés en Suisse pour tenter leur chance. Conscient de disposer d'une grande réserve de main-d'oeuvre sans travail, le patronat a multiplié et différencié les attaques et les abus. Aujourd'hui, les salaires ont baissé, tandis qu'en Suisse, même si le gouvernement s'efforce de le nier, le coût de la vie ne cesse d'augmenter. La croissance des inégalités met en danger la stabilité du système.
Ça ne sera pas moi, communiste, qui voudrai soigner le capitalisme malade. Avec mon « non » à la Libre circulation, plutôt, je maintiens l'engagement de lutter pour les problèmes quotidiens des travailleurs. La Libre circulation a permis la progression du précariat, dans le système de la « paix du travail », où le licenciement dans les plus courts délais est une institution, les conventions collectives sont le meilleur mirage et les agences de travail intérimaires le cancer qui dompte le mouvement syndical. Les travailleurs, trompés par la social-démocratie, ont été pris au dépourvu, incapables de lutter uni pour défendre leurs propres intérêts de classe contre la libre exploitation des travailleurs de la part d'une classe patronale toujours plus avide.
Nous saisirons l'occasion pour dire « non » à ces accords bilatéraux quand nous pourrons récolter les signatures contre l’extension de la Libre circulation à la Croatie. Que nos amis croates ne nous en veulent pas, nous nous opposons à qui dirige l'Ue et à qui a négocié les Accords bilatéraux.
En définitive, il suffirait de négocier de nouveaux accords, laissant derrière le dumping salarial, la crise agricole, la dérive sécuritaire et le trafic lourd, sacrifiant le secret des banquiers plutôt que les vies des travailleurs.

samedi 23 novembre 2013

Solidarité avec les travailleurs de «Scintilla»

Le Parti Suisse du Travail se solidarise avec tous les travailleurs de l’entreprise "Scintilla", propriété de BOSCH SA, et il les invite à promouvoir des actions syndicales de lutte, y compris la grève, pour contrer la décision de la direction du groupe de délocaliser l’établissement. La multinationale allemande, en 2012, a obtenu 2.3 milliards d’euro de profits. Il est certain qu’en Suisse elle bénéficie du secret bancaire et peut en sauvegarder une bonne partie face aux fonctionnaires du fisc allemand. Aucune justification ne peut être avancée pour réduire les effectifs sur le site de Zuchwil.

Au contraire, grâce au dur travail effectué par les 625 travailleurs de "Scintilla", les produit Bosch ont été vendus dans le monde entier. La récompense minimale aurait été l’introduction d’une préretraite à 60 ans et l’augmentation à 6 semaines de vacance par an. Le fondateur du groupe, que déjà au début du 20e siècle avait introduit la journée de 8 heures, avait un dicton : "vaut mieux perdre de l’argent que la confiance d’autrui". Celui n’a certainement aujourd’hui plus aucune valeur.

Une fois de plus, le Parti Suisse du Travail constate qu’il ne reste aux travailleurs qu’à briser la "paix du travail" pour défendre leurs intérêts. Le patronat se fait de plus en plus arrogant et, pour quelques virgules de profit en plus, il est prêt à mettre à la porte des centaines de travailleurs, qui n’ont aucun droit démocratique à ce niveau des "affaires". Face à cette nouvelle preuve du manque de liberté pour les plus démunis il nous semble que notre proposition de changement politique pour que les travailleurs soient les maîtres du jeu et que la propriété des entreprises revienne à la collectivité est plus que jamais actuelle.


Comité directeur du Parti suisse du Travail

jeudi 22 août 2013

Les attaques contre les droits démocratiques et les libertés dans la crise capitaliste mondiale et en Suisse

Chères Camarades, chers Camarades,
le Comité Central (CC) du Parti Suisse du Travail et Parti Ouvrier Populaire (PST-POP) m’a désigné comme représentant de notre parti au Séminaire Communiste International. Les propos présentés ici sont des considérations que je fais en qualité de membre du CC, dans le but de vous présenter le contexte du mouvement communiste et populaire en Suisse face au pouvoir de la bourgeoisie ; notamment dans la situation de crise internationale qui touche actuellement le monde entier.
En Suisse, les politiques anti-populaires ont toujours existé. En effet, après la révolution libérale de 1848, aucun bouleversement constitutionnel profond n’a eu lieu. Le système capitaliste n'a jamais été sérieusement contesté par le mouvement ouvrier et n'a pas connu de conflit armé sur son sol helvétique.
On doit partir du constat que, en 2013, dans la « riche Suisse », la retraite est depuis toujours fixée à 65 ans pour les hommes, alors que pour les femmes, elle est à 64 ans, récemment revue à la hausse. Toujours au sujet des retraites, déjà depuis 1972, “grâce” aux syndicats jaunes et au Parti Socialiste, elles ne sont plus entièrement à répartition avec des fonds publiques, mais en bonne partie à capitalisation avec des fonds privés. Les caisses de pension représentent, aujourd'hui, environ 600 milliards de dollars, l'équivalent du PIB du pays, ces fonds sont entièrement placés sur des marchés spéculatifs.
Le PST-POP, suivant la tradition de rassemblement populaire, c'est réuni dans une conférence nationale le mois de mars pour affronter le thème des effets des crises finacières sur les caisses de pensions privées. La solution encore aujourd'hui appliquée favorise une forte spéculation. Celle-ci avait été proposé par le Parti Socialiste en opposition à une initiative pupulaire du PST-POP de 1971. Notre parti demandait une augmentation des rentes de 2/3, en ranforcant le retraites pupulaires en main publiques.
La construction linéaire du capitalisme a amené à un développement extrêmement rôdé du système politique dans lequel la bourgeoisie toute puissante règne sans être inquiétée. Un système gouvernemental dit de « collégialité » incorpore sans interuption, depuis 1956, quatre partis politiques : le Parti Radical gagnant de la révolution libérale, le Parti Démocrate-Chrétien, perdant de la révolution libérale, le parti anciennement agrarien Union Démocratique du Centre et le Parti Socialiste. Ces quatre forces représentent les forces du capital, dans l’une ou l’autre de ses expressions. L'espace occupé par le mouvement progressiste alternatif est faible, bien que dans un référendum en 1999 le peuple Suisse a voté à 45 % contre le renouvellement photocopie de la Constitution fédérale.
Les bourgeois sont néanmoins préoccupés. Un souci ne va jamais les laisser : la crise internationale que connaît le capitalisme depuis les années septante se fortifie, en remontant du Sud au Nord. Des répercussions vont commencer à se répandre avec «le retour» aux politiques antipopulaires et ce depuis déjà vingt ans. En effet, en Suisse aussi le gouvernement coupe dans l’État social, les patrons attaquent les salaires et les droits des travailleurs. Aujourd’hui nous sommes face à un manque d'infrastructures sociales, d’augmentations des taxes à la consommation, les sociétés publiques sont libéralisées ou directement vendues.
Du mouvement syndical ne se préoccupent pas beaucoup, le droit de grève n'existe ni pour les hommes ni pour les femmes, qui peuvent par contre bénéficier d'un congé maternité de 3,5 mois avec toutes les chances de se faire licencier lors de la reprise du travail. Vu l'absence de protection contre le licenciement, même après 40 ans de travail, le maximum de préavis de licenciement (qui ne doit pas être expliqué) est de 3 mois.
Le mouvement populaire en Suisse – syndical et communiste en particulier – est faible depuis longtemps, et ce malgré des luttes assez importantes qui ont eu lieu depuis une dizaine d'années, dans certaines régions du pays. Le PST-POP ne dispose plus de membre au parlement national. Cependant nous avons encore un certain nombre d'élu-e-s au niveaux local. Ces élu-e-s observent et combattent des lois de plus en plus liberticides. Ces dernières années de nouvelles lois restreignants le droit de manifester ont èté mis en place dans les grandes villes de suisses, notamment en prennant l'excuse des hooligans. En realité elles visent à criminaliser tout opposant au système capitaliste. Le démantèlement des droits démocratiques et de l'espace public sont aussi en cours, y comprit avec des propositions visant à réduire les séances des parlements communaux, ce qui est un réel démantèlement antidemocratique. Dans les villes cela s'exprime aussi par la vente de terrain public à des entreprises privé; par les attaques permanantes contre des centres d'autogestion des jeunes; et par des loi restrictives de l'espace public comme les lois contre la mendicité et pour la vidéo surveillance.
Sur le front bourgeois le plus grand parti en Suisse est actuellement l'Union démocratique du Centre (30%), qui malgré son nom et ses origines de parti paysan a viré à l'extrême droite. Son renforcement va de pair avec un déplacement à droite de toute la politique suisse. L'UDC est soutenue financièrement par des riches financiers et industriels. Leur politique se base sur la défense du secret bancaire et de politiques antipopulaires. Pour donner quelques exemples, l’UDC attaque les droits des travailleuses et travailleurs, mène des politiques répressives et d’exclusion contre les immigrés. L’explication du succès de ce parti est peut-être à relier aux votations de 1992. En effet, il était le seul parti à promouvoir le référendum contre l’adhésion de la Suisse à l'EEE, traité qui a permit le développement du système de domination politique de l'Union Européenne. A l'époque le PST-POP avait soutenu l'adhésion, une décision erronée qui nous a beaucoup coûté.
La Suisse aujourd'hui fait certainement partie des pays « canaille», dirigé par des monopoles mondiaux tels que UBS, Credit Suisse, Glencore, Novartis ou Nestlé. Ces entreprises transnationales profitent, en ayant leur siège en Suisse de nombreuses faveurs. Elles peuvent continuer à augmenter leurs bénéfices sur le dos des peuples du monde entier. Nous sommes le premier paradis fiscal au monde pour les comptes offshore, avec environ 1'800 milliards de dollars de dépôts. La bourse Suisse est une plaque tournante du commerce des matières premières et des aliments. Notre armée dispose d'un corps professionnel qui collabore avec l'OTAN notamment au Kosovo. Partout dans le pays il y a des centres d’asile où sont enfermés des milliers de citoyens extra-UE dépourvus de permis de séjours valable en Suisse.
Le bien-être d'une bourgeoise puissante n'a cependant rien à voir avec les conditions de vie des travailleurs et du peuple. C'est pour cela que nous soutenons une politique d'attaque au secret bancaire, à l'écroulement des châteaux de cartes financiers, non seulement à l'égard du peuple suisse, mais aussi de tous les peuples au monde, dont les richesses pillées sont cachées dans nos banques. A ce sujet dans la région italophone du pays, où le parti se nomme Partito Comunista, nous avons lancé une campagne de syndicalisation à l'intérieur des banques et pour la nationalisation des banques, afin de contrer la crise de la place financière de Lugano. En Suisse, la catégorie des employés de banque a arrêté de lutter le 11 novembre 1918, lors de l'unique et historique grève générale du pays.
Nous sommes internationalistes et pour la paix, par conséquent nous soutenons activement les pourparlers de paix en Colombie et nous demandons l'arrêt immédiat du commerce d'armes de la part du gouvernement helvétique, notamment vers les pays en guerre, en particulier la Palestine et la Syrie. A plusieurs reprises le Gouvernement helvétique a contribué à organiser et financer la nouvelle “opposition syrienne”, ainsi qu’à vendre des armes produites par l'entreprise publique Ruag au Quatar. Ce dernier revend ensuite aux islamistes ou terroristes « syriens ». Enfin nous sommes pour la démilitarisation de la Suisse, pour une stratégie de défense populaire sans avions de combat. Depuis une année le Réseaux des Jeunesses Communistes Suisses à lancé un appel pour la paix, qui a fédéré des forces anti-impérialistes et de nombreux citoyens pour la paix. Par exemple, à l'occasion de raids en Palestine, en 3 jours nous avons organisé des manifestations dans 7 villes du pays et une manifestation à Zurich contre la guerre en Syrie et au Mali les mois suivants.
Depuis 2008 le PST-POP a entamé de corriger les erreurs des vingt dernières années caractérisées par le révisionnisme et l'opportunisme. Actuellement nous discutons d’un nouveau programme qui peine à voir le jour. Nous nous réunirons en Congrès à Genève le 7 et le 8 septembre qui se penchera sur le renforcement du Parti et une discussion intermédiaire sur le nouveau programme. De nombreux jeunes renforcent le Parti et contribuent à orienter le combat contre l'intégration européenne et les politiques antipopulaires, vers un changement de politique en Suisse fruit d'un grand mouvement d'opposition et de rébellion, pour un pays souverain, organisé selon les principes du socialisme, dans l'intérêt de tous les habitants de la Suisse, en premier lieu les travailleurs. Cela signifie que nous avons encore beaucoup de retard en tant que parti, nos tâches pratiques se limitant aujourd'hui au renforcement des structures de base du Parti, de sa presse et à l’établissement de politiques et d’alliances qui puissent fédérer les milieux populaires autour du projet communiste, le tout de manière assez désordonnée. La Suisse est un pays de clivage – de langue, de religion, de passeport ou encore à cause du fédéralisme – la tâche d'unité des travailleurs devient tant évidente que compliquée. Une chose est sûre: des événements comme le Séminaire Communiste International et en général les rencontres unitaires sur le plan international entre partis communistes nous donnent beaucoup d'exemples concrets pour la construction de notre théorie et pratique révolutionnaires et mais surtout renforcent l'espoir que la lutte des travailleurs et des peuples du monde entier mène à la victoire finale.
Vive la solidarité entre partis communistes et ouvriers
Vive l'internationalisme prolétarien
Vive la lutte pour le socialisme

jeudi 27 juin 2013

Le travail sur les chantiers est toujours dangereux pour la vie des ouvriers


bâtiment • Alors que s’améliorent les techniques de construction, les accidents sur les chantiers restent nombreux, à l’exemple du Tessin.
Au Tessin, depuis le début de l'année, il y a eu cinq accidents mortels sur des lieux de travail, en particulier dans la construction. Des enquêtes de police ont été lancées afin d’établir les responsabilités éventuelles des entreprises et des directions des travaux. Ce que considèrent les syndicalistes, eux, c’est que le travail sur les chantiers est dangereux. Si les techniques de construction se sont améliorées, les ouvriers continuent en effet de mourir en travaillant. Il y a là une contradiction que Unia-Tessin veut expliquer en récoltant le plus grand nombre d'informations pour les analyser et afin de démontrer une fois pour toutes les phénomènes qui amènent aux tragédies de ces derniers mois. «Nous ne voulons pas la réduction des accidents mortels, mais la fin des morts sur les chantiers», explique le syndicat. Le 23 avril au matin, Unia avait convoqué une conférence de presse pour présenter cette campagne sur la sécurité au travail lorsque le troisième accident mortel se produisit. Les dirigeants du syndicat s’exprimèrent devant les médias alors que le corps était encore chaud.
La SUVA émet des vœux pieux
Qui connaît les chantiers sait que les organes de prévention, en particulier la SUVA, se limitent à réduire la sécurité à une question technique et à un coût. Il faut mettre le casque, il faut des échafaudages montés selon les règles de l’art, il faut utiliser les protections pour les machines, etc. La SUVA invite toujours les travailleurs à dire stop quand un travail est dangereux, néanmoins cela demeure un vœu pieux quand on connaît un petit peu les lois sur le travail en Suisse et leur effet sur les lieux de travail. Face à un marché toujours plus sauvage, soumis aux intérêts des banques et des gérances immobilières, les droits des travailleurs comptent peu et ils reculent depuis des décennies. Aucune véritable protection contre le licenciement n’est établie par la loi et il n'y a pas moyen de la faire introduire dans des CCT.
Alors que se passe-t-il quand les travaux doivent avancer vite et que les ouvriers n'ont pas le temps pour se reposer ou se soigner? Quand les prix sont fortement en concurrence, les entrepreneurs s'arrogent le droit d'oublier les installations de sécurité, sans parler des jours où il y a la nécessité de travailleur sous la pluie! Peut-être pour garantir une augmentation régulière des coûts de la santé... Les dernières années, au Tessin, mais aussi partout en Suisse également, les facteurs généraux de maladie où d’accidents n'ont pas été réduits. Rien que le fait de goudronner une route pendant 9 heures 30 par jour devrait déjà expliquer clairement pourquoi ces travailleurs peuvent tomber malades en moyenne beaucoup plus que d'autres.
La démarche du syndicat pourrait donc faire émerger des revendications à mettre sur la table lors des négociations pour le renouvellement de la convention nationale du bâtiment en vigueur jusqu’à fin 2015. Avant tout, pour plus de repos, 8 heures de travail par jours au maximum, afin que chacun puisse se reposer 8 heures et profiter de 8 heures de temps libre.
La grande frénésie dans la construction est la conséquence de la forte spéculation actuelle sur l'achat et la vente des terrains et des bâtiments. Les patrons du bâtiment ont toutefois vu leur chiffre d'affaires augmenter de 33% ces dix dernières années. Ces milliards n'ont cependant pas permis aux ouvriers du bâtiment d’améliorer leur sort sur le plan de la CCT et encore moins sur les conditions de travail sur les chantiers. Un exemple: pour le canton de Vaud, une recherche a montré que le travail au noir, effectué par des travailleurs sans-papiers, avec des salaires inférieurs aux minima, sans protection sociale aucune, dépasse le 20% du total du secteur. Il n'y a pas d'excuses! Avec un tel marché du travail les accidents sont inévitables.
Un changement de politique en matière de sécurité sur les chantiers ne sera possible que lorsque la construction sera à la mesure de l’être humain, tant sur le plan de la production que de la planification. Pour commencer: ne travailler que 8 heures par jour, ne pas travailleur sous la pluie et protéger tous les travailleurs contre le licenciement. n

mercredi 19 juin 2013

Attaque patronale : révision de la loi sur le travail et les ouvertures des magasins

Une quarantaine d’articles du Code des obligations, la Loi sur le travail et les 5 ordonnances qui la complètent, sont les principaux instruments légaux qui visent à réglementer ce qui en Suisse est défini comme le marché du travail. Or, pendant ces six derniers mois, trois sénateurs – Luscher (PLR GE), Abate (PLR TI) et Lombardi (PDC TI) – ont proposé de revoir les codes sur le travail, et ont obtenu gain de cause auprès de leurs collègues.
Suivant l’ordre chronologique, c’est Luscher qui lance son attaque : à son avis, les magasins des stations à essence peuvent rester ouverts 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Alors que, jusqu’à présent, ils étaient obligés de fermer entre 22 heures le soir et 6 heures le matin. Quelle magnifique idée que de s’inventer du travail de nuit, qui ne produit pas grand-chose et qui certainement n’est pas la première nécessité des consommateurs, sans parler du droit au repos des travailleurs !
On ne doit pas croire qu’un grand savant comme Luscher vise juste à s’acheter un paquet de clopes à 2 heures du matin. La modification de la loi vise à libéraliser bien plus que les stations-service, comme le rappelle Vania Alleva du syndicat Unia : «Le régime d’ouverture 24h/24 des magasins de stations-service aboutirait inéluctablement à la généralisation de la journée de travail de 24 heures, dans le commerce de détail et dans d’autres branches d’activité encore.» En effet, combien de grands centres commerciaux on connaît à côté des stations-service, et quelle sera la limite pour les considérer comme une seule entité ? Cela peut apparaître comme un fantasme, mais voici déjà quinze ans que le Fox Town de Mendrisio est ouvert le dimanche en tant qu’activité touristique.

Le Fox Town de Mendrisio : cheval de Troie de la loi sur le travail en Suisse

Que la Suisse ait un code du travail particulièrement libéral ne devrait être une nouveauté pour personne. Les durées de travail sont fixées entre 45 et 50 heures hebdomadaires, à répartir sur 6 jours, car même Dieu a pu se reposer le septième. En effet en Suisse le dimanche on ne travaille pas, sauf ces exceptions que tout citoyen ayant un minimum de bon sens doit reconnaître : hôpitaux, transports publics, restauration et hôtellerie. Au Tessin, qui fait partie de la Suisse depuis 1803, les exceptions sont toutefois devenues sujettes à interprétations au gré des autorités.
En 1996, le Conseil d’Etat tessinois, avec l’accord du dirigeant du SIB Giuseppe Sergi, octroie le permis d’ouverture le dimanche au centre commercial Fox Town. Ouverture qui devient illégale lorsque, à la suite de la révision totale de la Constitution en 1999, l’article 20 de la loi fédérale sur le travail est modifiée, interdisant le travail du dimanche. Au Fox Town, jusqu’à il y a très peu de temps, aucune force syndicale ou politique ne s’est intéressée à y faire respecter la loi.
Quand en 2009 des divisions internes au syndicat Unia amènent à la marginalisation des trotskistes dirigés par Sergi, ces derniers se rappellent qu’ils sont des révolutionnaires et, sur un ton revanchard, ils utilisent la voie légale pour demander la fermeture le dimanche du centre commercial. Malgré les tentatives de recours, le centre reste ouvert, car les autorités cantonales (de mauvaise foi) justifient cette dérogation par le caractère «touristique» de cette activité économique.
Une série incroyable de recours en justice, pourparlers, tables rondes et négociations entre l’Etat, les syndicats et le grand patron de Fox Town, Monsieur Tarchini, a amené la conseillère d’Etat radicale Laura Sadis à demander à la députation tessinoise, l’automne passé, d’intervenir au parlement fédéral pour légaliser la situation de Fox Town. Quelques mois après, les jeux sont faits : le sénateur Abate demande d’introduire dans l’Ordonnance 2 de la Loi sur le travail les centres commerciaux d’intérêt touristique en tant qu’activités qui font exception à l’interdiction du travail le dimanche.
Pris par une envie particulière d’imiter l’autre sénateur tessinois, Filippo Lombardi lance à son tour son projet de démantèlement de la loi sur le travail. Selon le conseiller aux Etats PDC, afin que les commerces suisses soient concurrentiels avec ceux de l’Italie du nord, il faut que les portes des magasins ouvrent à 6 heures ; il faut aussi qu’elles ferment à 20 heures en semaine et «seulement» à 19 heures le samedi. Le parlement a également soutenu ce projet qui sera l’objet, selon toute probabilité, d’un référendum de la part d’Unia. Par ailleurs, venant d’un PDC grand défenseur de la famille, on se demande comment c’est possible de concilier une journée de travail qui s’étale sur 14 heures avec une vie sereine avec le/la partenaire et les enfants…

Soutenons le référendum et les luttes syndicales

Complètement sous l’emprise de l’idéologie du consumérisme, les trois sénateurs de la droite libérale lancent une attaque conjointe contre les droits des travailleurs et surtout des travailleuses du commerce, une attaque qui n’a pas de précédent, en tout cas dans la période récente. L’espoir de relancer l’économie en pensant qu’il suffit d’ouvrir plus longtemps les magasins n’est que de la poudre aux yeux. Tant que le pouvoir d’achat des couches populaires ne sera pas relancé, la crise va s’approcher. Les travailleurs n’ont pas besoin de plus de flexibilité, ni de plus de travail, ils ont juste besoin que leur travail soit reconnu par la valeur qu’il a, il faut que ce soient les actionnaires et les patrons qui payent enfin les défauts de système. Dans l’immédiat, en plus de se mobiliser pour soutenir les référendums lancés par les organisations syndicales, il faudrait exiger qu’une CCT nationale pour la branche du commerce au détail soit établie, afin d’obtenir des salaires minimaux, des horaires d’ouverture décents et de bonnes conditions d’assurances sociales pour tous.

jeudi 2 décembre 2010

La lutte pour un salaire minimum légal continue

Sur plusieurs fronts la lutte pour un salaire minimum légal poursuit son chemin, mais pas sans rencontrer des difficultés.

Comme nous l’avons annoncés déjà la semaine passé, le Grand Conseil tessinoi, dans ça séance du 20 octobre, s’est exprimé contre la constitutionnalité de l’initiative populaire du Mouvement pour le Socialisme (MpS).

Un initiative similaire à Genève pourrait avoir meilleurs sort. Si le Grand Conseil avait fait de même au mois de juin en invalidant l’initiative lancée par SolidaritéS, un recours au Tribunal Fédéral à été déposé contre cette décision. Celui-ci pourrais avoir des chances de reuissite, vu une formulation plus souple.

Au canton Vaud une initiative constitutionnelle pour un salaire minimum légal a été déposé par le POP et SolidaritéS en août 2008. A l’heure actuelle le débat est ouvert au Grand Conseil, avec une probable décision définitive la semaine prochaine. Dans une premier débat les députés ont accepté de justesse l’avis du rapport de la majorité de la commission, qui proposait de décréter la validité de l’initiative. La majorité pourrais par contre changer lors du deuxième débat, quand la droite se présentera en masse. Quoi qu’il arrive, de droite comme de gauche des recours à la court Constitutionnelle Cantonale sont annoncés.

Pour revenir au cas tessinoi, l'élément déterminant pour la décision a été la contradiction entre la proposition, faite au niveau cantonal, par rapport à la législation fédérale, qui est juridiquement supérieure. Bien que très regrettable, la décision est fondée et un recours aurait peu de possibilités de réussite. La formulation législative proposé par le MpS est trop stricte et contraignante vis-à-vis de la législation fédérale et comporte aussi des points critiquables sur le plan de l’unité de la forme.

Toutefois, dans chaque canton où le sujet est discuté, la droite soutient qu’un salaire minimum irait entraver le droit privé, qui concerne la libre négociation entre patrons et travailleurs, énoncé par la constitution. Ainsi pour la droite la non-constitutionnalité ne réside pas seulement dans la formulation - comme c’est le cas au Tessin - mais surtout dans le concept même d’un salaire minimum.

C’est à ce niveau que le législatif téssinoi c’est divisé. S’il est unanime dans le jugement sur la non-constitutionnalité de l’initiative, pour des raisons de formulation, il se divise sur les réponses à donner à la population et aux 7526 signataires. Il n’est certainement pas facile argumenter que le droit à un salaire minimal est contraire à la charte fondamentale de notre pays.

Selon l'interprétation donnée par la droite, l’Etat n’aurait pas le droit d’imposer in minimum salarial, car il serait contraire au principe de liberté économique énoncé dans l’article 27 de la constitution fédérale et la relative législation d’application. Selon les partis bourgeois, les mesures pour la protection des travailleurs existantes dans la législations fédérale, seraient suffisantes.
Au contraire la gauche invoque l’article 10 de la constitution de notre bien aimée Helvetie, où on définit le “droit à une vie digne”, pour faire accepter au moins le principe. Cette position, qu’au final sera minoritaire, défend qu’un salaire minimum légale serait, à l’évidence, un moyens pour garantir une vie digne, condition que malheureusement n’est pas une réalité pour tout le monde, même dans notre riche pays.

Quelque chiffre sur le monde du travail au Tessin le prouvent bien. En cette période de crise, le chômage augmente à 4.8%, alors que le taux de working-poor dans le cantons est toujours au dessus de 12% et le seuil de pauvreté voisine le 15%.

Toutefois la solution semble devoir arriver au niveau national, avec une initiative populaire pour modifier la constitution fédérale. Plusieurs à gauche ont déjà ventilé des projet dans ce sens. La proposition plus récente et concrète est arrivée le 17 octobre, quand le congrès du Parti Socialiste Suisse a décidé de lancer une initiative pour l’ «interdiction du dumping salarial. Pour un salaire minimum!» . Il s’agira d’une bataille fondamentale pour toute la gauche, qui probablement verra le soutient du mouvement syndical. Le Parti Suisse du Travail sur la longue ligne de son histoire participera certainement en premier plan dans cette lutte. Serions nous devant le renouveau d’une gauche qui redevient prépositive, dans l’affrontement du capital et ses représentants?