jeudi 15 octobre 2009

Léo Schmid, co-secrétaire du PST, est l’auteur du texte Redonnons un rôle au PST dans la société suisse. Interview Gauchebdo

  • 20 ans après la chute du mur est-il opportun de repartir avec un projet «d’inspiration communiste»?
C’est que j’ai essayé de expliquer dans le texte du CD pour la Conférence nationale. Pour résumer je peux dire qu’un projet d’inspiration communiste signifie militer pour construire un mouvement de masse, qui sache rallier tous ceux qui subissent le système capitaliste, ceci dans le but de renverser ce modèle de société. Pour moi le mot communiste représente la traduction politique des théories marxistes, qui restent, quoi que l’on dise, les analyses plus précises sur le système capitaliste et ses contradictions. Nous proposons un projet communiste, mais qui se doit d’être moderne et en contact avec la réalité de notre époque. Cela ne veux dire qu’il faut perdre l’essence de la pensée de Marx, dont la valeur est de tant plus avérée aujourd’hui en temps de crise économique, mais plutôt lui donner un nouveau cours.
Notre projet est globale, on remet radicalement en cause le système capitaliste. Nous restons convaincus que pour le faire on nécessite d’un Parti qui ne soit pas simplement un mouvement électoral. Nous voulons une organisation capable d’agir sur plusieurs fronts : politique, social, culturel, etc. La bataille pour notre objectif, celui d’une société différente - socialiste - ne peux pas se jouer seulement en visant à quelque siège au parlement.
Pour ce qui est du socialisme de l’est, il faut se confronter à l’évidence qu’il n’as pas réussi, des erreurs ont été commises et “l’homme nouveau” n’est pas venu. Toutefois ce n’est pas pour cette raison que nous devons renoncer à nos idéaux et à notre lutte. Comme le disait le Che : “nous sommes réalistes, nous voulons l’impossible”, nous voulons la libération des êtres humains et de la nature du joug de l’exploitation capitaliste, nous continuerons à nous battre pour ça même sans le Mur de Berlin.
  • Est-il vrai que vous voulez «restaliniser» le parti? Etes-vous un stalinien?
Je dois avouer que je n’ai jamais dû répondre publiquement à une question semblable, qui me semble, en toute honnêteté, absurde. Je ne vais pas néanmoins l’éviter, bien que je n’aime pas parler de moi, ceci pour deux raisons. Premièrement parce que je n’ai rien a cacher, je suis un militant honnête, qui à toujours oeuvré de manière transparente en croyant faire le mieux pour le Parti et les classes populaires. En outre, je me sens en devoir de donner une réponse, vu le poste que j’occupe actuellement dans le Parti, parce que des rumeurs circulent et j’y tient qu’elles soient clarifiées.
Je ne suis pas stalinien, je ne sais d’ailleurs pas ce qui signifie concrètement. Par conséquent il me semble absurde prétendre que je veux staliniser le Parti. Les propositions que je fait pour le Parti sont dans le texte du CD. Elles sont encore à discuter, j'espère d'ailleurs que beaucoup de critiques parviennent et qu’on débat puisse donner un texte de synthèse meilleur de ce que j’ai pu écrire.
Je suis un militant du PST, je me reconnais dans son histoire dont je suis fière. J’essaye d’être fidèle à ses statuts et à son programme, ainsi qu’aux décisions des instances. Si des camarades désirent me questionner sur mon engagement politique je suis toujours disponible au débat. Enfin je vous prie de me juger sur mon travail militant et non sur les bruits de couloirs que certains divulguent.
  • Après le 28 novembre, les responsables de La Gauche devraient prendre contact avec le PST dans la perspective de créer un nouveau parti. Allez-vous les recevoir? Qu’allez-vous leur dire?
Il est inutile de se cacher derrière un doit, je ne vois pas dans le projet “La Gauche” la meilleure solution pour unifier les forces de la gauche de la gauche en Suisse. La manière dont elle est en train de se fonder ne m’inspire particulièrement de confiance. Il y a trop de confusion et les cartes ne sont pas toutes découvertes, ce qui rend difficile évaluer la vrai portée de ce projet. Je considère toute fois que une discussion avec les représentants de ce mouvement sera nécessaire. Il faudra tenter de collaborer, au moins dans les domaines où sera possible le faire, le niveau électoral comprit. Le PST en tant que Parti n’a jamais été inclut à la tables de négociations, je dirais même que quelque mesure à été prise pour que cela ne soit pas le cas, dommage... Le CD du PST en ce moment essaye de renforcer le Parti. Le PST est aujourd’hui est la plu grande organisation de la gauche radicale en Suisse, le renforcer c’est garantir la survie d’une gauche anti-capitaliste qui puisse justement défendre un projet globale et non seulement électorale. Sur le plan électorale nous sommes évidemment, comme plusieurs congrès récent l’ont affirmé, ouvert à une collaboration sincère et concrète. En conclusion j'espère que même avec les camarades qui feront le choix de quitter le PST pour adhérer à La Gacuhe nous pourrions continuer à nous respecter et à lutter ensemble quand il sera possible.

mercredi 23 septembre 2009

Chômage, chomeurs et lois sur le chômage en Suisse

En suisse nous disposons d’une assurance sociale contre le chômage. Cette conquête est un des instruments plus importants pour limiter la concurrence entre les travailleurs et lutter contre le précariat. L’assurance-chômage permet aux travailleurs et aux travailleuses qui perdent leur travail de disposer d’un revenu substitutif. Ce revenu devrait laisser le temps aux chômeurs pour retrouver un autre travail sans que les travailleurs doivent immédiatement accepter de travailler à n’importe quelles conditions.
La concurrence entre les travailleurs est un des éléments plus négatif du capitalisme, car elle divise les classes populaires et permet aux patrons d’oeuvrer en position de force. L’assurance chômage est donc pour nous un instrument fondamentale pour la défense de travailleurs.
L’assurance chômage telle comme elle est actuellement n’est cependant pas parfaite, une extension des prestations est nécessaire pour renforcer la lutte à la concurrence. Ceci est de tant plus nécessaire dans un nouveau monde du travail au les formes de travail précaires prennent de plus en plus de place.
Au contraire la majorité des forces politiques de notre pays se bornent à sauver les comptes de cette assurance sans affronter les problèmes du chômage. Le Conseil Fédéral avant tout le monde reconnaît l’augmentation du chômage en cette période de crise, mais aborde le problème par le petit bout de la lorgnette. Sans se soucier des origines de cette hausse, ni de ses effets sur les classes populaire.
Les bourgeois mettent l’assurance chômage de plus en plus sous attaque, car il ont la nécessité d’une “armée de travailleurs de réserve”, comme Marx l’as définie. C’est-à-dire un nombre important de travailleurs que plutôt de rester sans revenu du tout, ils sont disposés à accepter un travail à des conditions défavorables. En gros l’objectif de la classe dominante est augmenter le nombre de personnes en situation de précarité et donc plus faciles à exploiter.
L’excuse qui continuellement est mise en avant est celle du financement de l’assurance, ainsi des révisions se suivent avec la justification de la réductions les coûts, autrement dit pour couper des prestations.
Pour notre compte nous considérons que la question de l’assurance chômage, comme aussi pour toute assurance sociale, doit d’abord s'intéresser à comment offrir les meilleures prestations aux travailleurs et ensuite tout essayer pour trouver les financements. Ce que la droite n’as certainement pas l’intention de faire. Emblématique est dans ce sens la manière dont le Conseil Fédérale semble jour avec le toux des cotisation professionnelles.
En 2001, période d’embellie conjoncturelle, le Conseil Fédéral proposait de baisser les cotisations prélevées sur le salaire, les faisant passer de 3 à 2%. En 2008, sous les auspices d’une nouvelle crise, il envisage de faire un petit pas en arrière, et d’augmenter les cotisations de 0.2%. En revanche, les deux réformes diminuent les prestations en faveur des chômeurs/-ses. En 2001, le projet promettait des économies de 358 millions sur le dos des chômeurs, et celui de 2008 en ajoute à hauteur de 533 millions
Les libéraux ne chôment pas
Une nouvelle révision est en phase d’élaboration, dont les contenus visent à réduire les prestations pour les catégories déjà plus fragilisées : les jeunes, les travailleurs porches de la retraite et les régions plus touchés par le problème du chômage. Analyser de près cette révision nous montre clairement les réelles intentions des patrons et leurs représentants politiques.
Ce projet du Conseil Fédéral est actuellement débattu par le Parlement, et la majorité bourgeoise penche à l’heure actuelle vers plus d’économies encore. Nous vous proposons donc un petit aperçu des modifications qui pourraient toucher le droit du chômage dès 2010 ou 2011.
Prochaine réforme : combattre les chômeurs plutôt que le chômage
Les plus de 55 ans et les invalides partiels
Pour avoir droit à des indemnités de chômage, il faut avoir travaillé (et cotisé à l’assurance-chômage) durant un certain temps. Actuellement, un an de travail garantit un an et demi d’indemnités. Les plus de 55 ans et les invalides partiels ont même droit à deux ans d’indemnité s’ils ont travaillé durant un an et demi auparavant.
Avec la réforme projetée, la même durée de travail donne droit à moins d’indemnités : un an de travail garantit un an d’indemnités, et il faut 15 mois de travail pour avoir droit à un an et demi d’indemnités. Quant aux plus de 55 ans et aux invalides partiels, ils nécessitent presque deux ans de travail pour avoir droit à deux ans d’indemnités. Cela représente, selon les prévisions du Conseil Fédéral, une économie de 114 millions par an. Et les personnes touchées seront, en premier lieu, les travailleurs les plus précaires, qui peinent à trouver des emplois et ont des engagements de courte durée. Les plus de 55 ans seront plus touché que les autres : alors qu’ils représentent 16% des chômeurs, ils constitueront 24% des personnes touchées par ces mesures d’économie. En d’autres termes, l’assurance chômage protégera moins contre la précarité de l’emploi.
Les jeunes
Les personnes qui viennent d’achever leur formation se trouvent dans une situation spéciale, puisqu’ils n’ont par définition pas encore cotisé à l’assurance-chômage, mais sont à la recherche d’un premier emploi souvent difficile à trouver. La loi actuelle leur permet donc de toucher des indemnités durant une année, et prévoit un traitement plus favorable pour les personnes avec enfants à charge.
La nouvelle loi sur le chômage ne donnera plus droit à des indemnités que durant six mois environ (120 jours ouvrables), et ne distinguera plus les parents des personnes seules. De plus, avant de recevoir la moindre indemnité, la nouvelle loi fixe un délai d’attente d’une année, durant lequel la personne devra être enregistrée à l’Office Régional de Placement (ORP). En d’autres termes, les chômeurs devront s’inscrire auprès de l’ORP immédiatement après avoir reçu leur titre de formation, mais ne recevront rien durant la première année. Lorsque l’on sait que de nombreuses personnes tardent à s’annoncer au chômage en espérant se débrouiller financièrement et trouver rapidement un emploi, on peut craindre l’effet de cette mesure. Et que nombre de jeunes, faute de chômage, se trouveront à l’aide sociale.
De plus, le Conseil des Etats a choisi de durcir les critères concernant les emplois qu’un jeune est forcé d’accepter. Jusqu’à 30 ans, chacun pourra donc se trouver contraint d’adopter un emploi hors de sa formation ou de son emploi habituel. L’Etat se trouvera donc dans le rôle étrange de financer la formation des jeunes, puis de les pousser à travailler dans des emplois moins qualifiés. Au risque, bien sûr, de prendre l’emploi d’autres personnes et de créer d’autres chômeurs…
Les régions pauvres
Actuellement, un Canton peut obtenir une prolongation des indemnités de ses chômeurs, pour une région particulièrement touchée par le chômage, s’il finance 20% de la mesure. Avec le nouveau droit, il faudra qu’il contribue à hauteur de 40% de la mesure. En d’autres termes, les Cantons pauvres sont mis à contribution.
De plus, la prolongation des indemnités ne sera possible qu’en cas d’augmentation du chômage au niveau suisse. Cela veut dire qu’un canton ne pourra plus bénéficier de cette mesure si la majorité des cantons voient leur chômage diminuer. Cela veut dire aussi que la mesure est envisageable lorsque le chômage monte en flèche, mais n’est plus permise s’il diminue lentement, tout en restant à un niveau élevé. C’est d’autant plus absurde que le taux de chômage est calculé sur la base des chômeurs inscrits. Et comme les chômeurs en fin de droit ne sont plus comptabilisés, ils font diminuer artificiellement le taux, alors qu’ils nécessiteraient justement un soutien…
Le chômage est-il une fatalité ?
En somme, cette réforme ne prend de l’assurance-chômage que son aspect d’assurance, mais oublie qu’il s’agit d’une assurance sociale. Le chômage est vu comme une fatalité, qui peut toucher tout un chacun. En conséquence, on demande une contribution similaire à chacun, et on indemnise les personnes touchées par le chômage en proportion de ce qu’ils ont payé. Et au moment de faire des économies, on s’attaque en priorité aux bénéficiaires les plus nombreux de l’assurance.
C’est oublier que le chômage ne tombe pas du ciel, et que l’assurance-chômage se prétend une assurance sociale. Le chômage n’est pas une simple fatalité, il est aussi la conséquence d’un salariat toujours plus précaire. En 20 ans, la part des salaires dans le PIB mondial a diminué de 7% au moins, tandis que la part des dividendes versées aux actionnaires augmentait d’autant. Si le nombre de chômeurs, que le Conseil Fédéral prévoyait en 2003 autour des 100'000, s’avère en 2007 plus proche des 125'000, c’est aussi à cause des pressions sur le salariat. Les travailleurs, qui financent par leurs cotisations la plus grande partie de l’assurance-chômage, sont toujours moins nombreux par rapport aux chômeurs. Les coûts des restructurations se trouvent donc assumés par les salariés, alors que ce sont les actionnaires qui en bénéficient.