mercredi 23 septembre 2009

Chômage, chomeurs et lois sur le chômage en Suisse

En suisse nous disposons d’une assurance sociale contre le chômage. Cette conquête est un des instruments plus importants pour limiter la concurrence entre les travailleurs et lutter contre le précariat. L’assurance-chômage permet aux travailleurs et aux travailleuses qui perdent leur travail de disposer d’un revenu substitutif. Ce revenu devrait laisser le temps aux chômeurs pour retrouver un autre travail sans que les travailleurs doivent immédiatement accepter de travailler à n’importe quelles conditions.
La concurrence entre les travailleurs est un des éléments plus négatif du capitalisme, car elle divise les classes populaires et permet aux patrons d’oeuvrer en position de force. L’assurance chômage est donc pour nous un instrument fondamentale pour la défense de travailleurs.
L’assurance chômage telle comme elle est actuellement n’est cependant pas parfaite, une extension des prestations est nécessaire pour renforcer la lutte à la concurrence. Ceci est de tant plus nécessaire dans un nouveau monde du travail au les formes de travail précaires prennent de plus en plus de place.
Au contraire la majorité des forces politiques de notre pays se bornent à sauver les comptes de cette assurance sans affronter les problèmes du chômage. Le Conseil Fédéral avant tout le monde reconnaît l’augmentation du chômage en cette période de crise, mais aborde le problème par le petit bout de la lorgnette. Sans se soucier des origines de cette hausse, ni de ses effets sur les classes populaire.
Les bourgeois mettent l’assurance chômage de plus en plus sous attaque, car il ont la nécessité d’une “armée de travailleurs de réserve”, comme Marx l’as définie. C’est-à-dire un nombre important de travailleurs que plutôt de rester sans revenu du tout, ils sont disposés à accepter un travail à des conditions défavorables. En gros l’objectif de la classe dominante est augmenter le nombre de personnes en situation de précarité et donc plus faciles à exploiter.
L’excuse qui continuellement est mise en avant est celle du financement de l’assurance, ainsi des révisions se suivent avec la justification de la réductions les coûts, autrement dit pour couper des prestations.
Pour notre compte nous considérons que la question de l’assurance chômage, comme aussi pour toute assurance sociale, doit d’abord s'intéresser à comment offrir les meilleures prestations aux travailleurs et ensuite tout essayer pour trouver les financements. Ce que la droite n’as certainement pas l’intention de faire. Emblématique est dans ce sens la manière dont le Conseil Fédérale semble jour avec le toux des cotisation professionnelles.
En 2001, période d’embellie conjoncturelle, le Conseil Fédéral proposait de baisser les cotisations prélevées sur le salaire, les faisant passer de 3 à 2%. En 2008, sous les auspices d’une nouvelle crise, il envisage de faire un petit pas en arrière, et d’augmenter les cotisations de 0.2%. En revanche, les deux réformes diminuent les prestations en faveur des chômeurs/-ses. En 2001, le projet promettait des économies de 358 millions sur le dos des chômeurs, et celui de 2008 en ajoute à hauteur de 533 millions
Les libéraux ne chôment pas
Une nouvelle révision est en phase d’élaboration, dont les contenus visent à réduire les prestations pour les catégories déjà plus fragilisées : les jeunes, les travailleurs porches de la retraite et les régions plus touchés par le problème du chômage. Analyser de près cette révision nous montre clairement les réelles intentions des patrons et leurs représentants politiques.
Ce projet du Conseil Fédéral est actuellement débattu par le Parlement, et la majorité bourgeoise penche à l’heure actuelle vers plus d’économies encore. Nous vous proposons donc un petit aperçu des modifications qui pourraient toucher le droit du chômage dès 2010 ou 2011.
Prochaine réforme : combattre les chômeurs plutôt que le chômage
Les plus de 55 ans et les invalides partiels
Pour avoir droit à des indemnités de chômage, il faut avoir travaillé (et cotisé à l’assurance-chômage) durant un certain temps. Actuellement, un an de travail garantit un an et demi d’indemnités. Les plus de 55 ans et les invalides partiels ont même droit à deux ans d’indemnité s’ils ont travaillé durant un an et demi auparavant.
Avec la réforme projetée, la même durée de travail donne droit à moins d’indemnités : un an de travail garantit un an d’indemnités, et il faut 15 mois de travail pour avoir droit à un an et demi d’indemnités. Quant aux plus de 55 ans et aux invalides partiels, ils nécessitent presque deux ans de travail pour avoir droit à deux ans d’indemnités. Cela représente, selon les prévisions du Conseil Fédéral, une économie de 114 millions par an. Et les personnes touchées seront, en premier lieu, les travailleurs les plus précaires, qui peinent à trouver des emplois et ont des engagements de courte durée. Les plus de 55 ans seront plus touché que les autres : alors qu’ils représentent 16% des chômeurs, ils constitueront 24% des personnes touchées par ces mesures d’économie. En d’autres termes, l’assurance chômage protégera moins contre la précarité de l’emploi.
Les jeunes
Les personnes qui viennent d’achever leur formation se trouvent dans une situation spéciale, puisqu’ils n’ont par définition pas encore cotisé à l’assurance-chômage, mais sont à la recherche d’un premier emploi souvent difficile à trouver. La loi actuelle leur permet donc de toucher des indemnités durant une année, et prévoit un traitement plus favorable pour les personnes avec enfants à charge.
La nouvelle loi sur le chômage ne donnera plus droit à des indemnités que durant six mois environ (120 jours ouvrables), et ne distinguera plus les parents des personnes seules. De plus, avant de recevoir la moindre indemnité, la nouvelle loi fixe un délai d’attente d’une année, durant lequel la personne devra être enregistrée à l’Office Régional de Placement (ORP). En d’autres termes, les chômeurs devront s’inscrire auprès de l’ORP immédiatement après avoir reçu leur titre de formation, mais ne recevront rien durant la première année. Lorsque l’on sait que de nombreuses personnes tardent à s’annoncer au chômage en espérant se débrouiller financièrement et trouver rapidement un emploi, on peut craindre l’effet de cette mesure. Et que nombre de jeunes, faute de chômage, se trouveront à l’aide sociale.
De plus, le Conseil des Etats a choisi de durcir les critères concernant les emplois qu’un jeune est forcé d’accepter. Jusqu’à 30 ans, chacun pourra donc se trouver contraint d’adopter un emploi hors de sa formation ou de son emploi habituel. L’Etat se trouvera donc dans le rôle étrange de financer la formation des jeunes, puis de les pousser à travailler dans des emplois moins qualifiés. Au risque, bien sûr, de prendre l’emploi d’autres personnes et de créer d’autres chômeurs…
Les régions pauvres
Actuellement, un Canton peut obtenir une prolongation des indemnités de ses chômeurs, pour une région particulièrement touchée par le chômage, s’il finance 20% de la mesure. Avec le nouveau droit, il faudra qu’il contribue à hauteur de 40% de la mesure. En d’autres termes, les Cantons pauvres sont mis à contribution.
De plus, la prolongation des indemnités ne sera possible qu’en cas d’augmentation du chômage au niveau suisse. Cela veut dire qu’un canton ne pourra plus bénéficier de cette mesure si la majorité des cantons voient leur chômage diminuer. Cela veut dire aussi que la mesure est envisageable lorsque le chômage monte en flèche, mais n’est plus permise s’il diminue lentement, tout en restant à un niveau élevé. C’est d’autant plus absurde que le taux de chômage est calculé sur la base des chômeurs inscrits. Et comme les chômeurs en fin de droit ne sont plus comptabilisés, ils font diminuer artificiellement le taux, alors qu’ils nécessiteraient justement un soutien…
Le chômage est-il une fatalité ?
En somme, cette réforme ne prend de l’assurance-chômage que son aspect d’assurance, mais oublie qu’il s’agit d’une assurance sociale. Le chômage est vu comme une fatalité, qui peut toucher tout un chacun. En conséquence, on demande une contribution similaire à chacun, et on indemnise les personnes touchées par le chômage en proportion de ce qu’ils ont payé. Et au moment de faire des économies, on s’attaque en priorité aux bénéficiaires les plus nombreux de l’assurance.
C’est oublier que le chômage ne tombe pas du ciel, et que l’assurance-chômage se prétend une assurance sociale. Le chômage n’est pas une simple fatalité, il est aussi la conséquence d’un salariat toujours plus précaire. En 20 ans, la part des salaires dans le PIB mondial a diminué de 7% au moins, tandis que la part des dividendes versées aux actionnaires augmentait d’autant. Si le nombre de chômeurs, que le Conseil Fédéral prévoyait en 2003 autour des 100'000, s’avère en 2007 plus proche des 125'000, c’est aussi à cause des pressions sur le salariat. Les travailleurs, qui financent par leurs cotisations la plus grande partie de l’assurance-chômage, sont toujours moins nombreux par rapport aux chômeurs. Les coûts des restructurations se trouvent donc assumés par les salariés, alors que ce sont les actionnaires qui en bénéficient.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire