En suisse nous disposons d’une assurance sociale contre le chômage.
Cette conquête est un des instruments plus importants pour limiter
la concurrence entre les travailleurs et lutter contre le précariat.
L’assurance-chômage permet aux travailleurs et aux travailleuses
qui perdent leur travail de disposer d’un revenu substitutif. Ce
revenu devrait laisser le temps aux chômeurs pour retrouver un autre
travail sans que les travailleurs doivent immédiatement accepter de
travailler à n’importe quelles conditions.
La concurrence entre les travailleurs est un des éléments plus
négatif du capitalisme, car elle divise les classes populaires et
permet aux patrons d’oeuvrer en position de force. L’assurance
chômage est donc pour nous un instrument fondamentale pour la
défense de travailleurs.
L’assurance chômage telle comme elle est actuellement n’est
cependant pas parfaite, une extension des prestations est nécessaire
pour renforcer la lutte à la concurrence. Ceci est de tant plus
nécessaire dans un nouveau monde du travail au les formes de travail
précaires prennent de plus en plus de place.
Au contraire la majorité des forces politiques de notre pays se
bornent à sauver les comptes de cette assurance sans affronter les
problèmes du chômage. Le Conseil Fédéral avant tout le monde
reconnaît l’augmentation du chômage en cette période de crise,
mais aborde le problème par le petit bout de la lorgnette. Sans se
soucier des origines de cette hausse, ni de ses effets sur les
classes populaire.
Les bourgeois mettent l’assurance chômage de plus en plus sous
attaque, car il ont la nécessité d’une “armée de travailleurs
de réserve”, comme Marx l’as définie. C’est-à-dire un nombre
important de travailleurs que plutôt de rester sans revenu du tout,
ils sont disposés à accepter un travail à des conditions
défavorables. En gros l’objectif de la classe dominante est
augmenter le nombre de personnes en situation de précarité et donc
plus faciles à exploiter.
L’excuse qui continuellement est mise en avant est celle du
financement de l’assurance, ainsi des révisions se suivent avec la
justification de la réductions les coûts, autrement dit pour couper
des prestations.
Pour notre compte nous considérons que la question de l’assurance
chômage, comme aussi pour toute assurance sociale, doit d’abord
s'intéresser à comment offrir les meilleures prestations aux
travailleurs et ensuite tout essayer pour trouver les financements.
Ce que la droite n’as certainement pas l’intention de faire.
Emblématique est dans ce sens la manière dont le Conseil Fédérale
semble jour avec le toux des cotisation professionnelles.
En 2001, période d’embellie conjoncturelle, le Conseil Fédéral
proposait de baisser les cotisations prélevées sur le salaire, les
faisant passer de 3 à 2%. En 2008, sous les auspices d’une
nouvelle crise, il envisage de faire un petit pas en arrière, et
d’augmenter les cotisations de 0.2%. En revanche, les deux réformes
diminuent les prestations en faveur des chômeurs/-ses. En 2001, le
projet promettait des économies de 358 millions sur le dos des
chômeurs, et celui de 2008 en ajoute à hauteur de 533 millions
Les libéraux ne chôment pas
Une nouvelle révision est en phase d’élaboration, dont les
contenus visent à réduire les prestations pour les catégories déjà
plus fragilisées : les jeunes, les travailleurs porches de la
retraite et les régions plus touchés par le problème du chômage.
Analyser de près cette révision nous montre clairement les réelles
intentions des patrons et leurs représentants politiques.
Ce projet du Conseil Fédéral est actuellement débattu par le
Parlement, et la majorité bourgeoise penche à l’heure actuelle
vers plus d’économies encore. Nous vous proposons donc un petit
aperçu des modifications qui pourraient toucher le droit du chômage
dès 2010 ou 2011.
Prochaine réforme : combattre les chômeurs plutôt que le
chômage
Les plus de 55 ans et les invalides partiels
Pour avoir droit à des indemnités de chômage, il faut avoir
travaillé (et cotisé à l’assurance-chômage) durant un certain
temps. Actuellement, un an de travail garantit un an et demi
d’indemnités. Les plus de 55 ans et les invalides partiels ont
même droit à deux ans d’indemnité s’ils ont travaillé durant
un an et demi auparavant.
Avec la réforme projetée, la même durée de travail donne droit à
moins d’indemnités : un an de travail garantit un an
d’indemnités, et il faut 15 mois de travail pour avoir droit à un
an et demi d’indemnités. Quant aux plus de 55 ans et aux invalides
partiels, ils nécessitent presque deux ans de travail pour avoir
droit à deux ans d’indemnités. Cela représente, selon les
prévisions du Conseil Fédéral, une économie de 114 millions par
an. Et les personnes touchées seront, en premier lieu, les
travailleurs les plus précaires, qui peinent à trouver des emplois
et ont des engagements de courte durée. Les plus de 55 ans seront
plus touché que les autres : alors qu’ils représentent 16%
des chômeurs, ils constitueront 24% des personnes touchées par ces
mesures d’économie. En d’autres termes, l’assurance chômage
protégera moins contre la précarité de l’emploi.
Les jeunes
Les personnes qui viennent d’achever leur formation se trouvent
dans une situation spéciale, puisqu’ils n’ont par définition
pas encore cotisé à l’assurance-chômage, mais sont à la
recherche d’un premier emploi souvent difficile à trouver. La loi
actuelle leur permet donc de toucher des indemnités durant une
année, et prévoit un traitement plus favorable pour les personnes
avec enfants à charge.
La nouvelle loi sur le chômage ne donnera plus droit à des
indemnités que durant six mois environ (120 jours ouvrables), et ne
distinguera plus les parents des personnes seules. De plus, avant de
recevoir la moindre indemnité, la nouvelle loi fixe un délai
d’attente d’une année, durant lequel la personne devra être
enregistrée à l’Office Régional de Placement (ORP). En d’autres
termes, les chômeurs devront s’inscrire auprès de l’ORP
immédiatement après avoir reçu leur titre de formation, mais ne
recevront rien durant la première année. Lorsque l’on sait que de
nombreuses personnes tardent à s’annoncer au chômage en espérant
se débrouiller financièrement et trouver rapidement un emploi, on
peut craindre l’effet de cette mesure. Et que nombre de jeunes,
faute de chômage, se trouveront à l’aide sociale.
De plus, le Conseil des Etats a choisi de durcir les critères
concernant les emplois qu’un jeune est forcé d’accepter. Jusqu’à
30 ans, chacun pourra donc se trouver contraint d’adopter un emploi
hors de sa formation ou de son emploi habituel. L’Etat se trouvera
donc dans le rôle étrange de financer la formation des jeunes, puis
de les pousser à travailler dans des emplois moins qualifiés. Au
risque, bien sûr, de prendre l’emploi d’autres personnes et de
créer d’autres chômeurs…
Les régions pauvres
Actuellement, un Canton peut obtenir une prolongation des indemnités
de ses chômeurs, pour une région particulièrement touchée par le
chômage, s’il finance 20% de la mesure. Avec le nouveau droit, il
faudra qu’il contribue à hauteur de 40% de la mesure. En d’autres
termes, les Cantons pauvres sont mis à contribution.
De plus, la prolongation des indemnités ne sera possible qu’en cas
d’augmentation du chômage au niveau suisse. Cela veut dire qu’un
canton ne pourra plus bénéficier de cette mesure si la majorité
des cantons voient leur chômage diminuer. Cela veut dire aussi que
la mesure est envisageable lorsque le chômage monte en flèche, mais
n’est plus permise s’il diminue lentement, tout en restant à un
niveau élevé. C’est d’autant plus absurde que le taux de
chômage est calculé sur la base des chômeurs inscrits. Et comme
les chômeurs en fin de droit ne sont plus comptabilisés, ils font
diminuer artificiellement le taux, alors qu’ils nécessiteraient
justement un soutien…
Le chômage est-il une fatalité ?
En somme, cette réforme ne prend de l’assurance-chômage que son
aspect d’assurance, mais oublie qu’il s’agit d’une assurance
sociale. Le chômage est vu comme une fatalité, qui peut toucher
tout un chacun. En conséquence, on demande une contribution
similaire à chacun, et on indemnise les personnes touchées par le
chômage en proportion de ce qu’ils ont payé. Et au moment de
faire des économies, on s’attaque en priorité aux bénéficiaires
les plus nombreux de l’assurance.
C’est oublier que le chômage ne tombe pas du ciel, et que
l’assurance-chômage se prétend une assurance sociale. Le chômage
n’est pas une simple fatalité, il est aussi la conséquence d’un
salariat toujours plus précaire. En 20 ans, la part des salaires
dans le PIB mondial a diminué de 7% au moins, tandis que la part des
dividendes versées aux actionnaires augmentait d’autant. Si le
nombre de chômeurs, que le Conseil Fédéral prévoyait en 2003
autour des 100'000, s’avère en 2007 plus proche des 125'000, c’est
aussi à cause des pressions sur le salariat. Les travailleurs, qui
financent par leurs cotisations la plus grande partie de
l’assurance-chômage, sont toujours moins nombreux par rapport aux
chômeurs. Les coûts des restructurations se trouvent donc assumés
par les salariés, alors que ce sont les actionnaires qui en
bénéficient.
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