samedi 12 septembre 2009

Nos assurances sociales sont-elles “sociales”?

Vouloir défendre bec et ongles le principe des assurances sociales ne signifie pas se satisfaire du statu quo. Car on peut de plus en plus se demander si ces assurances sociales helvétiques sont bien « sociales».

Prenons la question des retraites :
L’AVS, réclamée depuis la grève de 1918 et obtenue en votation populaire en 1947, dépend du produit du travail de tous, employés et employeurs.
Les cotisations alimentent durant l’année le Fonds AVS qui permettra de payer les rentes de l’année suivante. C’est le système de répartition qui a permis à l’AVS de traverser aussi bien les crises que l’augmentation de l’espérance de vie. De plus, les rentes sont plafonnées, quel que soit le montant des cotisations payées. Daniel Vasella assure sans doute par ses cotisations le versement de quelque 120 rentes AVS, mais ne bénéficiera pas d’une retraite AVS plus élevée que celle du commun des mortels.
Pour le 2ème pilier (LPP), il s’agit de toute autre chose. Les petits salariés ne peuvent compter que sur des rentes très basses alors que les très bien payés auront des rentes bien plus cossues, car il n’y a pas de redistribution. Le système de capitalisation du 2ème pilier permet d’engranger dans les caisses de pension des milliards (750 milliards actuellement), somme faramineuse payée pour 63% par les cotisations employés-employeurs. Ce pactole est censé grossir grâce à la spéculation boursière (27% en 2007) mais est aussi une proie facile pour les placements hasardeux ou les crises boursières. En 2008, une perte de 150 milliards était même avouée. Quant au calcul des retraites, il dépend de taux minimaux fixés par les autorités politiques, taux qui varient selon les fluctuations de l’économie. Plus de 200'000 signatures ont été récoltées cette année pour le referendum contre la diminution de 10% des futures rentes décidée par les Chambres fédérales.(120'000 signatures auraient suffi). Le vote populaire aura lieu l’an prochain. Un test intéressant qui permettra de voir qui défend vraiment les assurances sociales.
Il existe aussi un 3ème pilier, qui n’est en somme qu’une épargne personnelle défiscalisée tout au long des versement. Ce 3ème pilier fait le bonheur des assureurs privés et n’est en rien solidaire.
Que faire ?
Le PST avait proposé par une initiative une retraite populaire sur la base du systéme de répartition de l’AVS. En 1972, le peuple suisse et les syndicats ont préféré le système des 3 piliers expliqués ci dessus. Or, le 2ème pilier se délite peu à peu et dépend de plus en plus de spéculations hasardeuses. En outre, sans tenir compte de la pérennité de l’Etat, les politiques bourgeoises imposent artificiellement des couvertures à 100% des caisses publiques, comme s’il fallait en une année verser toutes les rentes à la fois !
C’est pourquoi de plus en plus de citoyens demandent avec raison que soient augmentées les cotisations à l’AVS plutôt qu’au 2ème pilier : une sorte de ripage vers l’AVS des cotisations de retraite versées.
De plus, la lutte contre la dépréciation des futures rentes du 2ème pilier dépendra de la votation populaire en 2010. Les cassandres ont déjà sorti leurs mouchoirs pour prédire des catastrophes. Souhaitons que les citoyens ne se laissent pas impressionner par ces jérémiades qui nous assomment depuis des années et des années !
Le fonctionnement de l’Assurance Chômage et de l’AI est similaire à celui de l’AVS, sans pourtant autant être efficace. Leur financement se fait essentiellement par des cotisations travailleurs-patrons (91% AC 54% AI) et des contributions directes des autorités fédérales (8% AC et 45% AI).
Ces recettes ne suffisent toutefois pas au fonctionnement de ces assurances. La droite refuse absolument de les augmenter sur une base redistributive, préférant augmenter la TVA et non les cotisations patronales. En théorie, ces assurances restent relativement redistributives. Mais les prestations qu’elles fournissent ne suffisent absolument pas.
Le cas de l’Assurance Maladie est probablement le plus catastrophique. En l’absence d’une assurance publique, un certain nombre d’assureurs privées ont transformé la santé en un grand supermarché de la rentabilité.
Le financement de cette assurance découle presque exclusivement de “primes” de base obligatoires (80%), identiques pour tous, tandis que les pouvoirs publics financent le reste (20%). Mais pour une personne peu fortunée, les primes maladie représentent une part importante, et donc problématique, du budget, tandis que la dépense apparaît minime aux riches. L’assurance obligatoire couvre les soins de base, mais ce minimum devrait être élargi puisqu’il exclut en réalité de nombreuses thérapies, que seuls ceux qui ont suffisamment d’argent peuvent se permettre sans problème.
Ces nombreux déficits des assurances sociales suisses doivent impérativement être comblés. Voilà pourquoi le PST lutte non seulement contre le démantèlement social actuel, mais aussi pour le renforcement du système d’assurances sociales en place. Lutter pour un réelle sécurité sociale implique de sauver les acquis sociaux actuels pour en conquérir des autres.

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