Vouloir défendre bec et ongles
le principe des assurances sociales ne signifie pas se satisfaire du
statu quo. Car on peut de plus en plus se demander si ces assurances
sociales helvétiques sont bien « sociales».
Prenons la question des
retraites :
L’AVS, réclamée depuis la
grève de 1918 et obtenue en votation populaire en 1947, dépend du
produit du travail de tous, employés et employeurs.
Les cotisations alimentent durant
l’année le Fonds AVS qui permettra de payer les rentes de l’année
suivante. C’est le système de répartition qui a permis à l’AVS
de traverser aussi bien les crises que l’augmentation de
l’espérance de vie. De plus, les rentes sont plafonnées, quel que
soit le montant des cotisations payées. Daniel Vasella assure sans
doute par ses cotisations le versement de quelque 120 rentes AVS,
mais ne bénéficiera pas d’une retraite AVS plus élevée que
celle du commun des mortels.
Pour le 2ème pilier
(LPP), il s’agit de toute autre chose. Les petits salariés ne
peuvent compter que sur des rentes très basses alors que les très
bien payés auront des rentes bien plus cossues, car il n’y a pas
de redistribution. Le système de capitalisation du 2ème
pilier permet d’engranger dans les caisses de pension des milliards
(750 milliards actuellement), somme faramineuse payée pour 63% par
les cotisations employés-employeurs. Ce pactole est censé grossir
grâce à la spéculation boursière (27% en 2007) mais est aussi
une proie facile pour les placements hasardeux ou les crises
boursières. En 2008, une perte de 150 milliards était même avouée.
Quant au calcul des retraites, il dépend de taux minimaux fixés par
les autorités politiques, taux qui varient selon les fluctuations de
l’économie. Plus de 200'000 signatures ont été récoltées cette
année pour le referendum contre la diminution de 10% des futures
rentes décidée par les Chambres fédérales.(120'000 signatures
auraient suffi). Le vote populaire aura lieu l’an prochain. Un test
intéressant qui permettra de voir qui défend vraiment les
assurances sociales.
Il existe aussi un 3ème
pilier, qui n’est en somme qu’une épargne personnelle
défiscalisée tout au long des versement. Ce 3ème pilier fait le
bonheur des assureurs privés et n’est en rien solidaire.
Que faire ?
Le PST avait proposé par une
initiative une retraite populaire sur la base du systéme de
répartition de l’AVS. En 1972, le peuple suisse et les syndicats
ont préféré le système des 3 piliers expliqués ci dessus. Or, le
2ème pilier se délite peu à peu et dépend de plus en
plus de spéculations hasardeuses. En outre, sans tenir compte de la
pérennité de l’Etat, les politiques bourgeoises imposent
artificiellement des couvertures à 100% des caisses publiques, comme
s’il fallait en une année verser toutes les rentes à la fois !
C’est pourquoi de plus en plus
de citoyens demandent avec raison que soient augmentées les
cotisations à l’AVS plutôt qu’au 2ème pilier :
une sorte de ripage vers l’AVS des cotisations de retraite versées.
De plus, la lutte contre la
dépréciation des futures rentes du 2ème pilier dépendra
de la votation populaire en 2010. Les cassandres ont déjà sorti
leurs mouchoirs pour prédire des catastrophes. Souhaitons que les
citoyens ne se laissent pas impressionner par ces jérémiades qui
nous assomment depuis des années et des années !
Le fonctionnement de l’Assurance
Chômage et de l’AI est similaire à celui de l’AVS, sans
pourtant autant être efficace. Leur financement se fait
essentiellement par des cotisations travailleurs-patrons (91% AC 54%
AI) et des contributions directes des autorités fédérales (8% AC
et 45% AI).
Ces recettes ne suffisent
toutefois pas au fonctionnement de ces assurances. La droite refuse
absolument de les augmenter sur une base redistributive, préférant
augmenter la TVA et non les cotisations patronales. En théorie, ces
assurances restent relativement redistributives. Mais les prestations
qu’elles fournissent ne suffisent absolument pas.
Le cas de l’Assurance Maladie
est probablement le plus catastrophique. En l’absence d’une
assurance publique, un certain nombre d’assureurs privées ont
transformé la santé en un grand supermarché de la rentabilité.
Le financement de cette
assurance découle presque exclusivement de “primes” de base
obligatoires (80%), identiques pour tous, tandis que les pouvoirs
publics financent le reste (20%). Mais pour une personne peu
fortunée, les primes maladie représentent une part importante, et
donc problématique, du budget, tandis que la dépense apparaît
minime aux riches. L’assurance obligatoire couvre les soins de
base, mais ce minimum devrait être élargi puisqu’il exclut en
réalité de nombreuses thérapies, que seuls ceux qui ont
suffisamment d’argent peuvent se permettre sans problème.
Ces nombreux déficits des
assurances sociales suisses doivent impérativement être comblés.
Voilà pourquoi le PST lutte non seulement contre le démantèlement
social actuel, mais aussi pour le renforcement du système
d’assurances sociales en place. Lutter pour un réelle sécurité
sociale implique de sauver les acquis sociaux actuels pour en
conquérir des autres.
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